L’état doit-il financer les médias ?

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Dans les pays européens, l’état octroi des subventions aux médias ainsi que des aides sous forme de réduction/exemption d’impôts/taxes.
Les fonds octroyé viennent des impôts et éventuellement d’une redevance spécifique.
Les médias bénéficiaires sont aussi bien les médias papiers que les radios, les télévisions et même plus récemment, les nouveaux médias sur Internet (Youtube, Blog, etc…).

En Suisse, les médias papiers reçoivent des subventions tirées des impôts et au cas par cas en fonction des cantons.
Les médias TV et radio, en revanche, bénéficie d’une manne financière énorme via la redevance (1 milliard et demi).
Dans le cadre des votations du 4 mars 2018, les Suisses auront à se prononcer sur l’initiative populaire « no billag » qui demande la suppression de la redevance et interdit à l’état de financer les tv et les radios.

La question de fond que cette initiative soulève c’est : l’état doit-il financer les médias (quel qu’ils soient) ?

Je pense que non et voici mes arguments :

1/ Conflit d’intérêt : toute entité (entreprise ou association) dont la survie dépend d’un financement n’est par définition pas indépendante. Dans le cas d’une dépendance vis-à-vis d’un financement étatique, l’entité voit donc sa survie lié aux intérêts des politiques décideurs des montants des subventions. D’un autre côté, les politiques ont besoin des médias pour leurs campagnes lors des élections. Il y a donc une relation très emprise de conflit d’intérêt entre les médias financés par l’état et les politiques.

    • Il y a toujours des conflits d’intérêts vis-à-vis des financeurs mais ça pose un problème particulier lorsqu’il s’agit des décideurs politiques.
    • Un média dont la survie dépend de l’état ne pourra jamais être libre lorsqu’il s’agit de critiquer ce dernier…

2/ Non-nécessité vitale : autant il est normal que l’état (et donc les citoyens) finance les services qui ont une nécessité vitale (armée, police, pompiers, services d’urgences), autant on peut remettre en question le fait de financer des services non-vitaux. Les médias ne sont pas un service vital.

    • Il faut bien distinguer les systèmes d’alerte (alarme, sms, téléphone, etc…) et les médias. On pourrait utiliser le réseau tv ou internet pour diffuser des alertes mais ça ne rend pas le réseau tv ou internet vital.

3/ Concurrence déloyale : Si certains médias bénéficient de subventions, et qui plus est de manière complètement aléatoire et subjective, cela crée une concurrence déloyale vis-à-vis des médias privé.

    • En Suisse, face à un monstre comme la SSR, il est quasiment impossible pour un média privé de percer…
    • Dès qu’un média privé se crée, il doit subir de plein fouet la puissance des médias subventionnés en place qui, si ils le souhaitent, peuvent lui faire un extrêmement mauvaise publicité en atteignant un maximum de monde…

4/ Fausse renommée/légitimité et visibilité exagérée : Un média qui ne doit sa survie qu’a des subventions mais qui continu malgré tout d’être distribué maintien une fausse renommée/légitimité.

    • L’exemple de la presse papier est éloquent : on parle de médias de référence (Le Monde, Le Temps, etc…) pour des médias qui sont en réalité morts (sans subventions, le nombre des abonnés n’est pas suffisant pour leur survie).
    • Ces même journaux continus néanmoins d’avoir une exposition massive (kiosque, affiches, etc…) et peuvent ainsi propager leurs idées. Impossible pour les médias ne bénéficiant pas des mêmes aides.

Voilà quelques arguments contre le financement des médias par l’état !

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